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La guerre froide et le cinéma : sélection de documents audiovisuels et d’ouvrages

Espace audiovisuel, Salle rose, janvier 2012

A l'occasion du colloque La Guerre froide et le cinéma organisé par l'Université Paris 8 le 27 et 28 janvier 2012, l'espace audiovisuel et le secteur Cinéma de la bibliothèque universitaire consacrent leur sélection thématique mensuelle à ce thème.

Dans le film futuriste 2001, l’odyssée de l’espace, réalisé en 1968 par Stanley Kubrick, l’URSS et les Etats-Unis, en pays frères, se partagent le savoir scientifique et l’exploration des galaxies. Ce film est l’image inversée des années de la Guerre Froide, l’envers d’un monde bipolaire entraînant concurrence, secrets diplomatiques et militaires entre les deux superpuissances.

Dans l’immédiat après-guerre, l’unité affichée à Yalta par les vainqueurs se scinde, et sous couvert de menace nucléaire, les Soviétiques et les Américains font le choix stratégique de la paix armée : en deçà des apparences, d’une guerre souterraine cristallisant les peurs. La croisade anticommuniste bat son plein aux USA avec le maccarthysme. Des acteurs et des cinéastes sont dénoncés, portés sur une liste noire, contraints à l’exil. Charlie Chaplin qui est interrogé par la police sur sa loyauté envers l’Amérique, répond qu’il est citoyen du monde, émigre en Suisse et réalise Un roi à New York contre cet état policier des années cinquante. D’un côté la censure, de l’autre la propagande anticommuniste. Les films d’espionnage et de contre-espionnage et les films noirs fleurissent (Le port de la drogue de Samuel Fuller). La peur du nucléaire est à l’origine de films d’épouvante et de science-fiction. Le pire et le meilleur se côtoient, le kitsch et la verve d’un humour noir (Docteur Folamour de Stanley Kubrick). Le ton a changé, les années soixante marquent la volonté de conciliation (la détente) et l’esprit de contestation à l’intérieur.

De l’autre côté, en URSS, la censure est drastique et s’étend aux pays satellites d’Europe centrale, Pologne, Tchécoslovaquie… Un dogme perdure, celui du réalisme socialiste. Reste à contourner la censure, Milos Forman, Andrzej Wajda et d’autres cherchent la meilleure issue : l’opiniâtreté, un discours oblique sur le réalisme socialiste (L’homme de marbre) et le régime totalitaire (L’homme de fer) - parfois l’exil. Censure et propagande : le cinéma soviétique est tout entier inféodé au pouvoir en place. Le cinéma d’animation est le véhicule privilégié de la propagande. Après la mort de Staline, des cinéastes s’imposent, marxistes et plus indépendants (Mikhaïl Kalatozov, par exemple).

Après la chute du mur de Berlin, en 1989, le regard du cinéma devient souvent rétrospectif, notamment pour les Allemands qui racontent enfin le quotidien de la vie en RDA, à travers des études de mœurs (La vie des autres) ou bien la nostalgie du communisme (Good bye Lenin !).

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Contact
Service audiovisuel de la bibliothèque : Bernadette Furcy - 01 49 40 69 81
Secteur Cinéma de la bibliothèque : Emmanuelle Sruh - 01 49 40 69 71