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Hijra : les demi-femmes du Pakistan

Du 03 au 28 janvier 2006
Exposition de photographies de
Bruno Morandi
Conception : Erdenetuul Baasanbat
Bibliothèque : hall d'accueil
Entrée libre

Hijra, les demi-femmes du Pakistan
Les scientifiques appellent les hommes et les femmes qui présentent un certain type d'anomalie sexuelle des pseudo-hermaphrodites qui se répartissent en deux groupes : le pseudo-hermaphrodite masculin est génétiquement un homme mais avec une apparence féminine et des organes génitaux externes féminins. Le pseudo-hermaphrodite féminin est chromosomiquement une femme dotée d'une apparence masculine avec des organes génitaux externes de type masculin. Ces cas sont extrêmement rares en Europe comme en Asie. Au Pakistan ces personnes sont appelées Hijra ou Khusra. Les Hijra «authentiques» (qudrati) sont considérés comme ayant été touchés par Dieu et ont pour rôle de conjurer le mauvais sort. Leur occupation de base est de danser, de chanter, de rendre les gens heureux (khushr ha), de participer aux fêtes de mariages et de naissance. Si un enfant, issu d'une famille pauvre, naît avec des déformations génitales, il sera tôt ou tard recruté par les Hijras qui seront très vite informés de cette anomalie et feront pression sur les parents pour qu'ils leur confient cet enfant dès son plus jeune age. Cependant l'énorme majorité des Hijras ne sont pas des pseudo-hermaphrodites mais des hommes qui ont été émasculés dans leur enfance ou leur adolescence. Certains d'entre eux suivent, depuis quelques années une hormonothérapie pour accentuer leur “féminité”…. Les Hijra vivent par groupe de 3 à 5 individus sous l'autorité d'un Guru appelé «mama». En dehors de leurs rôles traditionnels, une grande partie des Hijras vit de la prostitution. Les lieux de rencontre privilégiés étant les tombes des saints musulmans qui attirent une foule de fidèles lors des grandes fêtes annuelles qui commémorent l'anniversaire de leur mort. Des «discothèques» à ciel ouvert sont montées où s'exhibent des groupes de 30 à 40 hijras au son des musiques de films. Le phénomène n'est pas récent. Il existait des eunuques dans l?Inde hindoue mais cette institution a connu un développement extraordinaire avec l'arrivée des musulmans en Inde. Car les musulmans riches (souverains/nobles) qui pratiquaient le Purdah (voile, c.a.d. femmes cachées aux étrangers) devaient avoir de nombreux eunuques pour garder leurs vastes harems. D'autre part la pédérastie, bien qu'existant parmi les hindous, était beaucoup plus répandue parmi les musulmans, arabes comme turcs. La plupart des “clients” des Hijras sont des homosexuels.

Bruno Morandi par Maud Tykaert
Délicat de « tirer le portrait » d’un photographe comme Bruno Morandi. Dans son arbre généalogique, à priori pas de grands voyageurs. Pas plus de photographes ou d’aventuriers pour justifier son goût du nomadisme. Ni discours, théories ou certitudes chez lui, lorsqu’il se prête aux exercices de questions-réponses destinés à mieux connaître ses inspirations et aspirations de photographe. Comme ses origines, ses réponses sont à moitié normandes…Tout comme il évite les étiquettes, Bruno fuit les natures mortes au profit du mouvement. « C’est le fugitif qui m’intéresse dans la photo » confie-t-il. Au vol, il saisit des tranches de vie. Mieux, il capture la grâce présente dans les gestes simples. A travers ses clichés, il s’intéresse aussi aux métamorphoses ; Celle par exemple des hommes qui se travestissent en de créatures presque naturellement féminines.
Régulièrement publiées dans la presse magazine (Geo, Grands Reportages, Ulysse, Gala, Le Figaro, DS, VSD…) les images de Bruno sont une invitation au voyage mais pas seulement. Elles sont aussi prétextes à méditer sur la fragile beauté de notre environnement, humain, naturel ou culturel … Népal, couleur et lumière et Tableaux du Rajasthan parus chez Arthaud ainsi que Toscane éternelle publié par Flammarion, sont trois merveilles qui en témoignent.
(www.brunomorandi.com)