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Sans le client, pas de prostitué(e)
Conférence sur le client de personnes prostituées

Mardi 30 mai 2006, 14h00
Bibliothèque de Paris 8
Salle de la Recherche

Présentation
Programme
Les intervenants
Résumés des interventions
Communiqué de presse

En partenariat avec la Fondation Scelles

Présentation :

Sans client, pas de prostitué(e)

La problématique du client de personnes prostituées demeure assez floue. Peu de choses sont connues sur celui qui constitue avec la personne prostituée et le proxénète, l’un des trois acteurs de la prostitution.

Le client est toujours anonyme, toujours invisible, toujours dans l’ombre, toujours libre également. Les deux racines de la prostitution sont le proxénétisme et le client. Les prostituées n’existeraient pas sans les clients et les proxénètes sans les personnes prostituées, mais, au regard de la loi, pénalement parlant, les clients n’existent pas. Il faut rappeler qu’en France, le client d’une personne prostituée adulte n’est pas puni. Seuls sont inquiétés les clients de prostitué(e) mineur(e) ou de personnes en situation de particulière vulnérabilité (enceintes, handicapées…). Les clients de prostitué(e) mineur(e) de 15 à 18 ans sont condamnés à trois ans d’emprisonnement et doivent payer une amende de 45 000 €. Les clients de prostitué(e) mineur(e) de quinze ans sont condamnés à sept ans d’emprisonnement et sont condamnés à payer une amende de 100 000 €. Les clients de personnes vulnérables sont condamnés à une amende de 3 750 € et purgent une peine de prison de trois ans d’emprisonnement.

La prostitution compte dans le monde plus de 10 millions d’adultes dont 3 millions d’enfants. En France, 80% des personnes prostituées sont des migrantes sous le joug des proxénètes. Parmi les 20% qui restent, une grande partie se prostitue sous la contrainte. Aussi, tout client qui achète les services d’une prostituée devient complice du proxénétisme.

Il s’agit durant cette rencontre d’étudier les raisons motivant une personne à payer pour une relation sexuelle. Payer, cela signifie nier la relation interpersonnelle, supprimer la culpabilité et même parfois, mépriser les personnes prostituées dont les clients louent les services. Chacun des intervenants examinera le problème selon le point de vue de son domaine de recherche.
On insistera sur l’image et le rôle du client dans la prostitution : « Le client est l’élément admis de la prostitution et n’a pas à souffrir d’un quelconque interdit. Mieux encore, il est celui dont on prend soin en priorité : santé, sécurité, et discrétion assurée. »

On peut se demander quels sont les points communs entre l’homme marié aux revenus moyens, bon père de famille, une personne financièrement aisée qui s’ennuie et veut assouvir une pulsion, ou le migrant, déraciné, cherchant une compagnie auprès d’un corps de femme qu’il peut « louer ».

La prostitution reflète, de manière schématisée, la société. Nous sommes donc tous concernés car la prostitution met en jeu le rapport entre les sexes, mais aussi le rapport entre l’argent et le corps.
On remarquera qu’en établissant de manière insidieuse le processus prostitutionnel au sein du marché de l’offre et de la demande, les populations et les pouvoirs publics se retrouvent, à travers le client, complices de la prostitution.

Programme :

13h45 : Accueil
14h : Discours d'ouverture (Paris 8 et Fondation Scelles)


14h10 : Yannick Ripa, Maîtresse de conférence habilitée, spécialiste en histoire des femmes et du genre, Université de Paris 8,

Aux sources de l’histoire d’un silence : les clients de la prostitution.

14h40 : Françoise Duroux, Agrégée, maîtresse de conférence habilitée, spécialiste du genre et des rapports sociaux de sexe, Université de Paris 8,

La prostitution : entre néo-libéralisme et mondialisation


15h00 : Questions


15h15 : Saïd Bouamama, sociologue, Institut de Formation Action Recherches (IFAR, Lille),

Les clients de la prostitution : qui sont-ils ? Quelles sont leurs motivations ?


15h55 : Questions


16h10 : Jean-Marc Auguin, Chef de service, Intermède, Amicale du Nid (Paris),

Clients de prostituées : une question d'éducation à la relation entre les femmes et les hommes


16h40 : Questions


16h55 : Pause

17h05 : Bernard Rouverand, Responsable du « Projet client », Fondation Scelles,

Vers une sanction du « client » ?


17h45 : Questions


18h00 : Projection d’extraits du documentaire Les clients (réalisateur Hubert Dubois, 2005), cofinancé par le Mouvement du Nid et programmé sur France 3 le vendredi 7 avril 2006 à 23h25

18h10 : Débat


18h30 : Conclusions

Intervenants

Yannick RIPA : Maîtresse de conférence habilitée, spécialiste en histoire des femmes et du genre, Université de Paris 8, UFR Histoire, Littérature, Sociologie.

Domaines de recherche :
Histoire des femmes et du genre, histoire des rapports de sexe France –Espagne XIXe et XXe siècles


Publications (sélection) :
• La ronde des folles : femmes, folie et enfermement au XIXe siècle : 1838-1870. Paris : Aubier, 1986.
• Histoire du rêve : regard sur l’imaginaire des français au 19e siècle. Paris : Olivier Orban, 1988.
• « Féminin /masculin, les enjeux du genre dans l’Espagne de la Seconde république au franquisme », Le Mouvement social, janvier-mars 2002, pp. 111-127.
• Les femmes actrices de l’histoire, France 1789-1945. Paris : Armand Colin, 2002.
• Les femmes. Paris : Cavalier bleu, Idées reçues, 2002.
• « Violence et stratégie antiféministe dans la guerre civile espagnole », in Christiane Veauvy, Marguerite Rollin (sous la direction de), Les femmes en Europe du sud et au Maghreb, entre violence et stratégies de liberté, Eds Bouchêne , 2004.
• « Les enfants de la guerre sont toujours des enfants : naissance du dessin de guerre, pendant la guerre civile espagnole : l’expérience d’Alfred et Françoise Brauner (titre provisoire, en cours de rédaction), Vingtième Siècle, n° sur les enfants et la guerre sous la direction de Stéphane Audoin –Rouzeau, septembre 2005.
• « Les violences à l’encontre des femmes pendant les guerres : l’exemple de la guerre d’Espagne », Publication de l’Université des femmes de Bruxelles, avril 2005.

Françoise DUROUX : agrégée de Philosophie, maîtresse de Conférences (HDR) à l'Université de Paris VIII, membre du DEA et du Doctorat d'Etudes Féminines de 1982 à 2005, actuellement co-responsable du Master "Genre(s), pensées de la différence, rapports de sexes"

Domaines de recherche
Genre, rapports sociaux de sexe.

Publications (sélection) :
- Antigone encore : les femmes et la loi. Paris : Côté-femmes, 1993.
- “La société des femmes”, Les Cahiers du Grif, D’Amour et de raison, hiver 1983-84
- « De l’inopportunité du gouvernement des femmes », Cahiers du Grif 1992.
- « Des passions et de la compétence politique : Spinoza » in Cahiers du GRIF, n°46, « Provenances de la pensée », Editions Tierce, 1992
- « Sur L’exercice du savoir et la différence des sexes », Le Futur antérieur, 1993 (avril).
- avec J. Ezekiel et M. Ferrand : Etudes féministes et études sur les femmes en France en 1995, Bulletin de l’ANEF suppl. no.18, été 1995, pp. 1-43.
- Pouvoirs pouvoir : constat, polémique, fondements, Le Futur antérieur, 1995, n°25-26
- avec F. Gaspard et M. Riot-Sarcey : A propos de parité, Futur Antérieur n°28, 1995-2, pp. 131-145.
- « La cité et les femmes », Australian journal of French Studies Vol. XXXIV N°1, 1997.
- « Comment philosophe une femme », Cahiers du GRIF Descartes et Cie, 1997.
- « Paradoxes de la parité » in « La citoyenneté et la femme » (La Mazarine 1998)
- « Parité, on connaît la chanson » in Le piège de la Parité, Hachette Pluriel, 1999
- « Statut des études féministes en France ». Diplômées, 2001, 188 (Mars): 3-7.
- « Psychanalyse, différence des sexes et féminisme » in Les femmes , mais qu’est-ce qu’elles veulent ? sous la direction de H. Lelièvre, Actes du colloque du Monde diplomatique (Le Mans 2000), Bruxelles, Editions Complexe, 2001

 

Saïd BOUAMAMA : sociologue à l’Institut de Formation Action Recherche (IFAR, Villeneuve d’Ascq). Il enseigne dans des écoles d'éducateurs spécialisés.

En partenariat avec l’association le Mouvement du Nid, il a coordonné une étude sur les clients de la prostitution parue en octobre 2004 . En collaboration avec Claudine Legardinier, journaliste, Saïd Bouamama vient de publier Les clients de la prostitution, L’enquête, aux éditions Les Presses de la Renaissance en février 2006.


Publications (sélection) :
- La citoyenneté dans tous ses états : de l’immigration à la nouvelle citoyenneté. Paris : L’Harmattan, 1992.
- Dix ans de marche des beurs, chronique d’un mouvement avorté. Paris : Desclée de Brouwer, 1994.
- Familles maghrébines en France, avec Hadjila Sad Saoud. Paris : Desclée de Brouwer, 1995
- De la galère à la citoyenneté : les jeunes, les cités, la citoyenneté. Paris : Desclée de Brouwer, 1997.
- Algérie : les racines de l’intégrisme. Bruxelles : EPO, 2000.
- J’y suis, j’y vote : la lutte pour les droits politiques aux résidents étrangers. Paris : Esprit Frappeur, 2000.
- Trajectoires prostitutionnelles et processus migratoires. Clichy : Mouvement du Nid, 2000.
- « Trajectoires prostitutionnelles et immigration maghrébine », in Prostitution et Société, Mouvement du Nid, France, n°128, janvier 2000, p. 21, 6 p.
- Héritiers involontaires de la guerre d’Algérie : Jeunes Manosquins issus de l’immigration. Manosque : Editions du CREOPS, 2003.
- La production d’un racisme respectable, publié le 2 juillet 2004 sur internet :
http://toutesegaux.free.fr/article.php3?id_article=16
- Le Foulard islamique : la production d’un racisme respectable. Paris : Roubaix : Geai bleu Ed. , 2004.
- En collaboration avec le Mouvement du Nid, L’homme en question. Le processus du devenir-client de la prostitution, Etude rendue publique le 18 octobre 2004 http://www.mouvementdunid.org/L-homme-en-question-Le-processus
- En collaboration avec Claudine Legardinier. Les clients de la prostitution : L’enquête, Paris : Les Presses de la Renaissance, février 2006.

Jean-Marc AUGUIN : Jean-Marc Auguin est éducateur spécialisé, chef de service à Intermède, Amicale du Nid (Paris)

L’Amicale du Nid :
Fondée en 1946, l’association a pour objectif de développer le contact, la présence et l’accueil des présence prostituées et de mettre en place les moyens de leur insertion.
L’Amicale du Nid participe à la prévention sanitaire et sociale des personnes en situation de prostitution. Elle propose un accompagnement social diversifié, et se bat pour le respect et la dignité de la personne humaine.
L’association gère des structures de contact, d’hébergement, d’insertion professionnelle, de suivi et d’accompagnement à Paris et en région parisienne, Lyon, Toulouse, Marseille, Grenoble et Montpellier.

Intermède est une action de l'Amicale du Nid, financée par la Mission Sida (DASS). Son objet est d'assurer la prévention VIH / toxicomanie auprès des personnes prostituées et de les aider dans leur accès aux droits sociaux et dans leur réinsertion si elles le souhaitent. Le service intervient la nuit à l'aide de deux minibus sur les boulevards extérieurs de la capitale et reçoit les usagers en journée afin de les accompagner dans leurs démarches sanitaires, sociales et juridiques.

Bernard ROUVERAND : Bernard Rouverand a été collaborateur d’un cabinet d'avocats internationaux. Il a poursuivi sa carrière chez Air France en ayant des postes de responsabilité dans le commercial, l'opérationnel et les ressources humaines.

Bernard Rouverand s’occupe à la Fondation Scelles d’un projet concernant le « client » de personnes prostituées. Il a participé à la rédaction de l’article de Nicole Fontaine (ancienne Présidente du Parlement européen), Vers le délit de client de la prostitution ? paru dans le quotidien La Croix, le 16 novembre 2006. Il a également travaillé sur le projet du client de la prostitution avec l’association des Maires des Grandes Villes de France (AMGVF).

Il a publié : Tu tueras de temps à autre, Editions Max Milo, Paris, 2005 (sous le pseudonyme de Bernard Chambon)

Résumés des interventions

Yannick RIPA
Aux sources de l'histoire d'un silence : les clients de la prostitution

Des siècles durant, la prostitution a été tout à la fois pensée comme le « plus vieux métier du monde », celui des femmes s’entend, et accusée d’être contraire à la religion, à la morale, à la dignité humaine. Les prostituées, entre vice et anormalité, ont été les premières vilipendées, leurs souteneurs poursuivis mais peu pointés dans leurs responsabilités par des penseurs de tous bois qui ont cherché des solutions au phénomène prostitutionnel. Plus net encore est le silence qui, dans ces débats, ont protégé les clients ; leur figure, jamais ou exceptionnellement, n’a émergé. Pourtant, sans clientèle pas de prostitution. Sur l’éviction de cette évidence, l’histoire s’est peu interrogée, sur les effets présents de ce non-dit qui parle pourtant de l’appréhension de la sexualité masculine et de celle du corps des femmes, ne doit-on pas réfléchir alors qu’au cœur de l’Europe s’organise cet immense centre prostitutionnel qu’est Artémis, dont l’existence même anticipe sur les désirs des spectateurs, tous supposés hommes et hétérosexuels, et pose nécessaire de les satisfaire.

Françoise DUROUX
La prostitution : entre néo-libéralisme et mondialisation

A l'heure où Berlin s'apprête à accueillir la Coupe du Monde de Football au Stade Olympique construit en 1936, et les supporters à l'" Artemis Center" construit à cette occasion (la chasseresse vierge doit frémir sur l'Olympe) on peut encore une fois poser la question de la prostitution - "le plus vieux métier du monde"- selon ses paramètres actuels et les courants qui les soutiennent: néo-libéralisme et mondialisation.
Ils prennent leurs sources à deux puits :
- celui, idéologique de la liberté individuelle
- celui, bien réel du proxénétisme organisé.
Ils confluent dans un néo-réglementarisme, pimenté de "libertarisme".
Je voudrais faire le point historique, et si possible théorique, de cette confluence qui peut sembler paradoxale: en témoigne actuellement la paralysie des féministes allemandes face à la pérennisation programmée dans le style "post-moderne" de ce "plus vieux métier" supposé répondre à une "demande" aussi ancienne qu'éternelle, puisque naturelle.

Saïd BOUAMAMA
Les clients de la prostitution : qui sont-ils ? Quelles sont leurs motivations ?

De nombreuses recherches et de nombreux débats ont été consacrés aux personnes prostituées, à leurs trajectoires, à leurs difficultés, à la recherche des attributions causales, etc. Les proxénètes ont été et sont également l’objet de nombreux discours sociaux, politiques et médiatiques. Les clients en revanche restent une catégorie sur laquelle pèse un silence lourd de significations. Les préoccupations sociales et politiques sont ainsi entièrement centrées sur l’offre de prostitution et élude le champ de la demande de prostitution. Il en découle un point aveugle des pratiques de préventions et/ou d’accompagnement à l’endroit d’un des acteurs clefs du processus prostitutionnel.
Notre enquête porte sur un échantillon de 85 clients sur l’ensemble du territoire national. Elle tente de saisir de manière qualitative au travers du discours des premiers concernés les processus du devenir-client. Elle propose une première typologie des clients ou des attributions causales du « devenir-client ». Elle souligne comme principale conclusion que derrière le client se dévoile l’état des relations entre les sexes dans notre société, les perturbations des identités sexués, les mutations dans les socialisations à l’autre sexe et à la sexualité, etc. Si tous les hommes ne sont pas clients, beaucoup pourraient le devenir. C’est dire que l’image du client qui émerge des discours n’est pas celle d’un être étrange et exceptionnel mais bien celle d’un citoyen quelconque.

Jean-Marc AUGUIN
Clients de prostituées : une question d’éducation à la relation entre les femmes et les hommes.

Au cours de l'année 2005, le service Intermède a rencontré 1290 personnes en situation de prostitution dans le cadre de ces actions de prévention, de réduction des risques et d'information pour l'accès aux soins. L'intervention se propose d'évoquer la/les relation(s) clients/prostitué(e)s à travers le discours qu'en entend une équipe d'intervention sanitaire et sociale.

Bernard ROUVERAND
Vers une sanction du « client » ?

La prostitution et la traite des êtres humains sont actuellement banalisées auprès du grand public et ceci, malgré un important travail mené par de nombreuses associations de terrain pour aider les victimes de la traite et de la prostitution. Mais cette aide aux victimes, ainsi que la traque des proxénètes, ne suffisent pas pour que ce « nouvel esclavage » disparaisse de notre univers : il est nécessaire de se pencher sur le rôle du client. Le client est à l’origine de la demande de prostitution. Par son argent il lui permet de se développer ; il finance ainsi la traite et d’autres activités criminelles (drogue…).
Le développement continu de la traite et de la prostitution ne pourra être stoppé sans une position claire vis-à-vis du client : faire disparaître la demande, et envisager la pénalisation à terme du client de la personne prostituée.
Il s’agira dans cette intervention d’examiner, à partir de l’exemple de la pénalisation du client en Suède, les différentes raisons qui ont conduit la Fondation Scelles à prendre cette orientation concernant la question du client. Un point sera fait sur les modes d’actions aussi bien auprès du grand public adolescent et adulte, qu’auprès de ceux qui, dans leur pratique professionnelle, sont directement confrontés à ce problème : travailleurs sociaux, policiers, hébergeurs de site internet... Au final, l’enjeu n’est-il pas le choix entre l’acceptation de la prostitution par la légalisation (comme en Allemagne, aux Pays-Bas), ou la volonté de faire reculer la prostitution, notamment par le biais, à terme, de la pénalisation du client, comme c’est déjà le cas pour la prostitution des mineurs, seule manière d’alerter le grand public et de dissuader les clients ?


Communiqué de presse

30 mai 2006 : Sans client, pas de prostitué(e)

Paris, le 09 mai 2006 – La Fondation Scelles et la Bibliothèque de l’Université de Paris 8 (Saint-Denis) organisent le mardi 30 mai 2006 de 14h à 19h une après-midi de conférence sur le client de la prostitution à la bibliothèque de l’Université de Paris 8 (2, rue de la Liberté 93526 Saint-Denis Métro Saint-Denis - Université)

Cette conférence réunira :
- Yannick Ripa, Maîtresse de conférence habilitée, spécialiste en histoire des femmes et du genre, Université de Paris 8
- Françoise Duroux, agrégée, maîtresse de conférence habilitée, spécialiste du genre et des rapports sociaux de sexe, Université de Paris 8
- Jean-Marc Auguin, Chef de service, Intermède, Amicale du Nid (Paris)
- Saïd Bouamama, Sociologue, Institut de Formation Action Recherche (IFAR, Lille)
- Bernard Rouverand, Responsable du « Projet client », Fondation Scelles (Paris),
Elle sera suivie d’une projection d’extraits du documentaire, Les clients , réalisé en 2005 par Hubert Dubois et cofinancé par le Mouvement du NId.

Objectif : analyser le processus amenant une personne à devenir client de personnes prostituées, sensibiliser le public universitaire à l’esclavage que peut constituer la prostitution et appréhender les réactions législatives.

Il y a dans le monde plus de 10 millions de personnes qui se prostituent dont 3 millions d’enfants. Leurs clients financent la traite des êtres humains et le système prostitutionnel. Pourtant, le client est souvent peu connu et reste dans l’ombre, voire protégé. Ceci, alors même que sa demande constitue, avec le proxénète, l’une des racines du phénomène. La conférence organisée à la bibliothèque de Paris 8 vise à étendre le débat sur cette question qui sera envisagée du point de vue historique, sociologique et militant.
La tenue de la coupe du monde de football en Allemagne fait craindre aux associations et à la police une « importation » de femmes des pays de l’Est et d’ailleurs par des réseaux illégaux, anticipant la demande supposée des sportifs et supporters. Aussi la question du rôle et de la responsabilité du client de personnes prostituées dans le phénomène prostitutionnel est-elle d’actualité. Nous nous demanderons notamment si l’on peut admettre qu’un « mégabordel » soit créé à Berlin au vu et au su de tout le monde.
En France, pays abolitionniste, la prostitution est tolérée mais son organisation et son exploitation sont réprimées. Certains, telle la Suède, ont choisi de lutter contre la prostitution par la pénalisation du client. D’autres, comme l’Allemagne ont adopté une position réglementariste qui fait de la prostitution un métier comme un autre. Le débat portera sur ces différents points de vue. En la matière, la position de la Fondation Scelles est claire : le client de personnes prostituées doit être, à terme, sanctionné.

A propos de la Bibliothèque de l’Université de Paris 8 :
Ouverte depuis 1998 au cœur du campus de Paris 8, la bibliothèque universitaire de Paris 8 est accessible à toute personne majeure désireuse de la fréquenter. Elle met à la disposition du public, dans un bâtiment de 7 500 m2, environ 300 000 documents de tous types (livres, journaux et revues, documents audiovisuels, documents électroniques, etc.) dans les domaines des lettres, sciences humaines et sociales, art, droit, etc. Dans le but de mettre en valeur ses collections, de faire connaître la production scientifique et artistique de l’Université et d’affirmer son rôle vivant d’acteur culturel, elle propose également au public, tout au long de l’année, un programme de manifestations et animations culturelles : expositions, rencontres, débats, etc. Pour plus d’informations : http://www-bu.univ-paris8.fr

A propos de la Fondation Scelles :
La Fondation SCELLES, fondée par Jean et Jeanne SCELLES et reconnue d'utilité publique en 1994, a pour vocation de défendre la dignité de la personne humaine contre l’exploitation sexuelle des adultes et des enfants sous toutes ses formes, traite des êtres humains, prostitution, tourisme sexuel, pornographie enfantine. La Fondation travaille en étroite collaboration avec les associations de terrain qui apportent une aide directe aux victimes. Le CRIDES, Centre de Recherches Internationales et de Documentation sur l’Exploitation Sexuelle, créé par la Fondation Scelles en 1995 est un Observatoire international de l’exploitation sexuelle commerciale qui dispose de plus de 6000 documents de CD-rom et de cassettes VHS, ainsi que de plus de 2000 textes juridiques. Il analyse les documents et réalise des dossiers sur des sujets d’actualité (Internet et la pornographie enfantine, le client, la maltraitance…) ainsi que des fiches thématiques (disponibles sur internet) sur les principales questions que pose l’exploitation sexuelle commerciale.

Contacts presse :
Bibliothèque de l’Université de Paris 8 :
Marion Loire (Conservatrice) : 01 49 40 69 48
mloire@univ-paris8.fr

Fondation Scelles :
Carole Wahnoun (documentaliste Crides) : 01 40 26 04 45
carole.wahnoun@fondationscelles.org